Plus de 300 personnes se sont réunies le 20 novembre au Tanzmatten de Sélestat, au colloque IA éducation. Ils ont réfléchi à l’impact de l’intelligence artificielle (IA) dans l’éducation.
L’intelligence artificielle (IA) s’invite dans les salles de classe et bouscule les pratiques pédagogiques. Entre promesses et craintes, comment les enseignants peuvent-ils s’emparer de cet outil sans perdre de vue l’essentiel : la relation humaine et l’expertise professionnelle ? C’est à cette question que le colloque IA éducation a tenté de répondre, le 20 novembre à Sélestat.
L’IA, un outil et non un collègue
Jean-Philippe Fouquet, docteur en sociologie, a rappelé que « l’IA est une innovation parmi d’autres, comme l’a été internet en son temps. Elle s’inscrit dans un processus permanent de transformation des métiers. Cette dernière ne remplacera pas les enseignants, mais les invite à évoluer. Leur crainte est légitime, face à des élèves parfois mieux informés. Certes, l’enseignant n’est plus le détenteur exclusif du savoir. Pourtant l’IA ne remet pas en cause le cœur du métier. Elle n’est ni un « nouveau collègue » ni une menace. C’est un outil qui doit dorénavant accompagner les enseignants dans leur pratique professionnelle. »
Rôle irremplaçable de l’enseignant à l’ère de l’IA
L’enseignant reste toujours :
- l’architecte de situations d’apprentissage : L’IA fournit des informations, mais l’enseignant conçoit la progression pédagogique.
- l’interprète et médiateur : face au flux d’informations (y compris celles générées par l’IA), il hiérarchise, contextualise et relie les savoirs.
- le garant du cadre et de l’exigence : l’IA produit des contenus « corrects », mais l’enseignant exige :
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- Un niveau d’exigence intellectuelle que l’IA ne peut garantir.
- la présence incarnée : il apporte une dimension humaine et relationnelle impossible à déléguer : confiance, attention individualisée, gestion du groupe, autorité bienveillante et encouragement.
- Développeur de l’esprit critique : il questionne, doute et forme à la pensée critique, démonte les erreurs grâce à un socle de connaissances solide.
Un impact écologique
Jean-Marc Marx, secrétaire national de la fédération, a insisté sur le fait que pour la CFDT, « le progrès ne vaut que si cela reste une intelligence collective ». Il a rappelé que l’IA doit répondre à trois points pour les agent.e.s :
– le droit de savoir face à une opacité grandissante,
– Le droit de recourt face au remplacement de nos tâches,
– Le droit de supervision car les données se doivent de rester publiques.
L’empreinte écologique est aussi invisible, elle est immatérielle. Est ce du coup un progrès ? La sobriété numérique doit nous guider et se retrouve en contradiction avec l’IA. Quelle société construisons nous avec elle finalement ? Surveiller ou émanciper ? Détruire ou créer ? Il est également revenu sur la question de l’empreinte écologique de l’IA ( artificialiser les sols, nécessiter l’installation de data center gigantesques, demander une quantité astronomique d’eau). Il a rappelé que notre syndicat revendique une sobriété énergétique.
Table ronde et situations concrètes
L’après -midi, Gaëlle Macuba, militante et formatrice IA à la DRAN, et Guillaume Jaoul, militant, ont animé un atelier en plénière, sur l’impact environnemental de l’IA : coût de l’usage de l’eau pour alimenter les Data Centers, la consommation gigantesque en électricité…
Ce colloque s’est terminé par une table ronde de témoignages où les intervenant·e·s ont présenté chacun·e un à la faveur des outils d’IA. Leurs témoignages ont montré comment l’IA peut ou non devenir un levier au service des apprentissages, des conditions de travail et de l’équité.
- Virginie Mariage pour le 1er degré a détaillé LALILO.
- Julien Wiggermann : usage de l’IA dans le 2nd degré.
- Vidéo de Laetitia Allegrini sur l’IA et l’inclusion.
- Rémy Mazière : la correction avec l’IA par le biais de Ed.ai.
L’IA ne fera pas disparaître l’enseignement, mais elle . Pour la CFDT Éducation, la réponse passe par :
- La (ne pas rester seul·e face à ses incertitudes).
- L’affirmation de notre expertise (l’IA ne remplace pas la pédagogie).
- Une (le progrès ne vaut que s’il est partagé).
« Nous ne sommes pas en concurrence avec l’IA. Ensemble, formons-nous pour en faire un levier au service de tous. »
Intelligence artificielle : mieux encadrer l’usage à l’école
