Les salaires dans la Fonction publique restent au cœur des préoccupations des agentes et agents publics en 2026. Face à l’absence de réponse salariale générale, l’intersyndicale appelle à une journée de grève et de manifestations le 29 septembre 2026.
Salaires dans la Fonction publique : pourquoi se mobiliser le 29 septembre ?
Une urgence salariale qui n’a pas reçu de réponse
Depuis plusieurs mois, l’intersyndicale de la Fonction publique — CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP et FO — alerte le gouvernement.
Elle dénonce la dégradation du pouvoir d’achat des agentes et agents publics.
Le 24 juin 2026, dans un contexte marqué par une nouvelle canicule, les organisations syndicales ont rappelé le rôle essentiel des services publics. Elles ont aussi souligné l’absence de réponse salariale immédiate. Cette situation concerne près de six millions d’agentes et d’agents publics.
Le rendez-vous salarial du 8 juillet 2026 devait permettre au gouvernement d’apporter des réponses concrètes.Il n’en a rien été. Les mesures annoncées restent très ciblées. Elles concernent un nombre limité d’agentes et d’agents. Elles portent surtout sur la Fonction publique d’État. Les versants territorial et hospitalier restent, eux, renvoyés à des négociations locales avec leurs employeurs. Pour l’intersyndicale, cette réponse est inacceptable.
Les organisations syndicales réclamaient des mesures générales et immédiates. Face à leur absence, elles ont toutes quitté la table des négociations.
Un constat chiffré qui parle de lui-même
La CFDT Fonctions publiques documente précisément cette situation dans sa campagne 2026. Au 1er juin 2026, 862 000 agents publics, soit 3 sur 20, perçoivent une rémunération indiciaire inférieure au SMIC.
Ce chiffre illustre le fort tassement des grilles indiciaires. Il montre aussi la perte d’attractivité de nombreux métiers de la Fonction publique. L’Éducation, la Formation et la Recherche figurent parmi les secteurs particulièrement concernés.
Cette situation ne relève pas d’une fatalité technique.
Elle découle notamment de choix politiques. Le gel prolongé de la valeur du point d’indice joue un rôle central. Le point d’indice sert de base au calcul de la rémunération des fonctionnaires titulaires. Il concerne aussi une grande partie des contractuels de droit public.
Ce que porte la CFDT : des mesures générales, pas seulement symboliques
Contrairement à une idée reçue, revendiquer des « mesures générales » ne se limite pas à demander une hausse de la valeur du point. La CFDT défend un « mix » de leviers, pensé pour ne pas bénéficier qu’aux rémunérations déjà les plus élevées :
Revaloriser le point d’indice :
La CFDT demande une revalorisation significative de la valeur du point d’indice.Elle revendique également son indexation sur l’inflation. L’objectif est de protéger durablement le pouvoir d’achat des agentes et agents publics.
Revaloriser les bas salaires :
La CFDT propose aussi d’attribuer un nombre identique de points à toutes et tous. Cette mesure bénéficierait proportionnellement davantage aux rémunérations les plus faibles. Elle permettrait ainsi de mieux soutenir les agentes et agents qui subissent le plus fortement la hausse du coût de la vie.
Refaire les grilles indiciaires :
Les grilles indiciaires doivent également évoluer.La CFDT demande une refonte permettant de sortir durablement les débuts de carrière du niveau du SMIC. Cette réforme doit garantir une véritable progression salariale tout au long de la carrière. Elle doit aussi mieux reconnaître les métiers à prédominance féminine.
Rétablir la GIPA :
La CFDT demande le rétablissement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA). Ce dispositif permettait de compenser, dans certaines situations, une perte de pouvoir d’achat liée à l’évolution du traitement indiciaire.
Garantir les droits en cas de maladie :
La CFDT demande le maintien à 100 % de la rémunération pendant le congé de maladie ordinaire. Elle revendique également l’abrogation du jour de carence.
Faire progresser l’égalité salariale :
L’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes constitue une autre priorité. La CFDT demande une application effective de la directive européenne sur la transparence salariale.
Négocier régulièrement les rémunérations
Enfin, la CFDT demande l’ouverture de négociations obligatoires sur les rémunérations. Ces négociations pourraient se tenir chaque année ou selon un calendrier pluriannuel. Elles doivent concerner l’ensemble des agentes et agents publics, titulaires comme contractuels.
Agir aussi sur le « pouvoir de vivre » :
Le pouvoir d’achat ne dépend pas uniquement du salaire indiciaire. La CFDT porte donc d’autres revendications. Elle demande notamment une meilleure prise en charge des frais de déplacement et de repas. Elle revendique aussi une indemnisation du télétravail et une participation renforcée des employeurs publics à la protection sociale complémentaire. La CFDT demande enfin une meilleure prise en compte des primes dans le calcul de la retraite.
Pourquoi l’Éducation, la Formation et la Recherche sont particulièrement concernées
Les métiers de l’enseignement, de la formation et de la recherche subissent directement les effets de cette situation salariale. Les grilles indiciaires restent notamment très tassées en début et en milieu de carrière. Le recours aux contractuels progresse également.
Dans plusieurs disciplines et académies, les employeurs rencontrent des difficultés de recrutement. L’attractivité des métiers publics recule aussi face aux rémunérations proposées dans le secteur privé. Une revalorisation générale constitue donc un enjeu majeur.
Des mesures catégorielles ou ponctuelles ne suffiront pas à inverser durablement la tendance. Il faut agir sur les salaires, les carrières et les conditions d’exercice des métiers. Cette politique constitue une condition essentielle pour renforcer l’attractivité des métiers publics. Elle contribue aussi à garantir la qualité du service public d’éducation, de formation et de recherche.
Le 29 septembre : une mobilisation pour peser sur les choix budgétaires
Face à l’absence de réponse salariale, l’intersyndicale de la Fonction publique appelle à la mobilisation.
Elle organise une journée de grève et de manifestations le mardi 29 septembre 2026.
Le gouvernement invoque le calendrier budgétaire pour justifier l’attente. Pour les organisations syndicales, cette réponse ne suffit plus. Elles veulent démontrer que d’autres choix budgétaires et financiers restent possibles. Elles demandent surtout au gouvernement de ne plus différer les mesures salariales attendues.
Se mobiliser pour obtenir des réponses concrètes
Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publique, participer à la mobilisation du 29 septembre, c’est peser collectivement sur les choix à venir. C’est défendre une réponse salariale à la hauteur de l’engagement quotidien des agentes et agents publics.
Dans les écoles, les universités, les organismes de recherche et de formation, comme dans l’ensemble de la Fonction publique, ces agentes et agents assurent chaque jour des missions essentielles.
Le 29 septembre doit donc permettre de faire entendre une exigence claire :
reconnaître leur engagement par des mesures salariales générales, durables et à la hauteur des besoins.