Bac 2021 : le Sgen-CFDT lutte pour que le pire n’arrive pas…

Le Sgen-CFDT s'est inquiété très tôt de l' "évaluationnite" développée dans le projet de nouveau baccalauréat 2021, avec ses trois modalités d'épreuves : épreuves terminales (60%), épreuves communes de contrôle continu (30%) et moyenne des notes de bulletin (10%).

Il a porté auprès du ministère la nécessité d’une clarification et d’une articulation entre les diverses modalités et contenus de ces évaluations.

Un calibrage raisonnable des Épreuves Communes de Contrôle Continu (E3C)…

La passation des E3C sur un format de 2 heures (au lieu des 3 prévues initialement), avec une diversification des modalités d’épreuves et l’explicitation des compétences évaluées, constitue une évolution globalement positive. Cela permettra d’envisager un allégement de la pression certificative et une logique plus affirmée de continuum bac -3 / bac +3. Mais seulement à la condition que « l’intendance » soit elle aussi prise en compte pour l’organisation de ces périodes d’E3C, dans la charge de travail de tous les personnels concernés. Il sera ainsi nécessaire de reconnaître :

  • Les temps nécessaires à la mise en place organisationnelle et au contrôle des modalités (dates, planning, convocations, anonymisation, harmonisation…),
  • Les temps de concertation en amont (choix des sujets, progressions harmonisées…)  et de corrections en aval : le statut d’une copie de bac n’est pas identique à celle d’une copie notée, rendue à l’élève, et portée sur le bulletin. Ainsi existe-t-il encore des imprécisions sur  l’accès ou pas à la copie par les élèves, ainsi que le moment où il connaitra sa note (après la correction ou en fin d’année scolaire comme les notes de TPE actuellement par exemple ? Or ce formalisme influera largement sur la lourdeur et la longueur de ces temps, ainsi que sur la pression subie par les divers acteurs (élèves, familles, enseignants, équipes d’encadrement…).

… sauf pour les Langues Vivantes et les STI2D

l’E3C de la classe de terminale en  Langues Vivantes a toutes les caractéristiques de l’épreuve terminale actuelle, ce qui est en contradiction avec l’esprit général d’une épreuve de contrôle continu. Le Sgen-CFDT demande une réécriture de cet E3C n°3, et l’inversion des compétences des E3C1 et E3C2 : il est plus pertinent, compte tenu du parcours des élèves au collège et en 2nde, de faire porter la première salve d’épreuves sur la compréhension écrite (et pas la compréhension orale).

l’épreuve d’Innovation Technologique de fin de classe de première en  STI2D porte sur la présentation du projet. Or cela ne permet pas d’évaluer la démarche accomplie par l’élève, et les seuls 10 % du bulletin ne peuvent avoir ce rôle. Les élèves sont placés dans une démarche d’apprentissage : la seule évaluation de la production, sans tenir compte de façon progressive de la démarche, vont pénaliser les élèves en les plaçant dans une attitude de bachotage. Le Sgen-CFDT  demande que cet E3C intègre une part d’ECA, comme actuellement pour le projet de terminale STI2D, pour évaluer des compétences essentiellement pratiques.

La nécessité de proposer un supplément au diplôme en point d’équilibre

Le Sgen-CFDT revendique de  créer tout de suite  la possibilité d’un supplément au diplôme. Éventuellement délivré par les établissements, il permettrait de reconnaître non seulement l’implication des élèves dans les options et la spécialité abandonnée, mais aussi les parcours d’engagement citoyen. En ces temps où ces engagements sont plébiscités mais finalement peu reconnus, et surtout peu « traçables », l’obtention d’un baccalauréat avec en annexe un complément permettant d’illustrer la diversité des parcours est indispensable. Elle permettrait aussi de réduire le sentiment légitime de dépréciation des enseignants des disciplines optionnelles, sentiment dû à l’absorption de leur évaluation dans les seuls 10 % de notes du bulletin.

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