Pourquoi le Sgen-CFDT a refusé de participer au vote sur le décret rythmes

Décret Blanquer sur les rythmes : encore un débat tronqué nationalement, qui rend d'autant plus impérative la concertation locale. Tout cela a poussé le Sgen-CFDT à refuser de voter le décret pour marquer son attachement au dialogue social, dans l'intérêt des personnels.

décret rythmes scolairesPourquoi le Sgen-CFDT a refusé de participer au vote sur le décret rythmes ?

À nouveau un débat précipité et tronqué, qui conduit à un quatrième changement en 10 ans. Le Sgen-CFDT a refusé cette fois-ci de se prononcer : il faut une approche globale des temps de l’enfant au niveau de la journée, de la semaine et de l’année. Il faut aussi considérer la journée des enseignants, prendre en compte tous les temps (6 heures de classe, réunions, corrections, préparations, rencontres des partenaires).  Du coup, l’allongement des journées des enseignants ne va -t-il pas nuire à leur qualité de vie au travail ?

Donner de l’autonomie pour permettre une décision au plus près des besoins

Le Sgen-CFDT, lui,  revendique pour les personnels le droit d’agir sur leur travail. C’est pour cette raison qu’il propose la création d’un établissement public du 1er degré. C’est en effet parce que les enseignants  sont parmi les mieux placés pour agir localement qu’ils doivent pouvoir participer à la décision. Si cette autonomie doit être encadrée, elle doit permettre à chaque équipe enseignante de penser le meilleur projet pédagogique pour leur établissement, l’évaluer et pouvoir en rendre compte dans des instances où l’ensemble de la communauté éducative sera concertée.

En attendant l’arrivée enfin de ce statut, il est d’ores et déjà possible d’agir. Mais pour cela, la concertation est essentielle : le Sgen-CFDT a ainsi présenté deux amendements au projet de décret. Ces deux textes ont été adoptés par le Conseil Supérieur de l’Éducation :

  • le premier pour que tout changement soit intégré à un Projet Éducatif Terrorial discuté par tous les acteurs,
  • le second pour que le décret soit appliqué seulement en 2018 pour ainsi laisser le temps de la concertation et de l’évaluation.

Rythmes : qui décide ?

« Saisi d’une proposition conjointe d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale et d’un ou plusieurs conseils d’école, le DASEN a la main pour étendre ensuite éventuellement l’organisation dérogatoire à toute la commune si plus de la moitié des conseils se sont prononcés dans ce sens. » La réunion du conseil d’école est donc impérative pour un avis circonstancié et argumenté.

Quelles organisations possibles de la semaine après le nouveau décret Blanquer ?

Organisations possiblesLes points clés
Revenir à la semaine de 4 jours avec 6 heures par jour sur 36 semaines.

144 jours de classe par an.

Quelle sera, avec la coupure du mercredi, la répartition du travail sur le reste de la semaine (préparation, classe, correction, 108h, réunions, animations pédagogiques, rendez-vous, équipes éducatives, etc.) ?

Quel sera l’effet de la coupure du mercredi sur les apprentissages ?

Comment garantir une cohérence entre les temps scolaires et extrascolaires ?

Quelles seront les conséquences sur le climat scolaire des écoles ? Sur la fatigue des élèves et des adultes ?

Qu’en sera-t-il du travail des animateurs ?

Qu’en sera-t-il du travail des femmes, qui pour beaucoup avaient pu faire le choix d’augmenter leur temps de travail le mercredi matin ?

Revenir à la semaine de 4 jours en conservant des journées de 5h15 ou 5H30 par allongement de l’année scolaire (3 semaines et un jour de plus par exemple pour des journées de 5h30).

160 jours de classes par an.

Quelle sera, avec la coupure du mercredi, la répartition du travail sur le reste de la semaine (classe, 108h, réunions, rendez-vous, équipes éducatives, etc.) ?

Quelle sera, avec l’allongement de l’année, la répartition du travail sur l’ensemble de l’année ?

Comment garantir une cohérence entre les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires ?

Quelles seront les conséquences sur le climat scolaire, la fatigue des enfants, des adultes ?

Ce rythme est-il climato-compatible ?

Qu’en sera-t-il du travail des animateurs ?

Qu’en sera-t-il du travail des femmes, qui pour beaucoup avaient pu faire le choix d’augmenter leur temps de travail le mercredi matin ?

Rester à la semaine de 5 matinées et 8 demi-journées.

180 jours de classes par an.

Comment évaluer et éventuellement valoriser l’apport de la continuité des apprentissages sur 5 demi-journées ?

Comment évaluer les effets de la coupure entre le vendredi midi et le lundi matin ?

Comment améliorer la cohérence entre les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire ?

Comment créer le dialogue nécessaire entre les membres de la communauté éducative ?

Comment prendre en compte la spécificité liée à l’âge de l’enfant ?

Rester à la semaine de 5 matinées (LMMJV) et 9 demi-journées avec des journées raccourcies (5 h).

180 jours de classe par an.

Comment évaluer et éventuellement valoriser l’apport de la continuité des apprentissages sur 5 demi-journées ?

Comment évaluer les effets de la coupure du week-end ?

Comment améliorer la cohérence entre les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires ?

Comment créer le dialogue nécessaire entre les membres de la communauté éducative ?

Comment prendre en compte la spécificité liée à l’âge de l’enfant (maternelle et élémentaire) ?

Rester à la semaine de 5 journées (LMJVS) et 9 demi-journées.

180 jours de classe par an.

Comment évaluer et éventuellement valoriser l’apport de la continuité des apprentissages sur 5 demi-journées ?

Comment évaluer les effets de la coupure du mercredi ?

Comment mieux tenir compte du rythme de la famille et éviter l’absentéisme du samedi matin ?

Comment favoriser dans ce cadre le lien école-famille ?

Comment améliorer la cohérence entre les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire ?

Passer à une semaine de 6 journées  (LMMJVS)  de 4 heures.

216  jours de classe par an.

Comment évaluer les effets de cette organisation sur les apprentissages des élèves ?

Comment améliorer la cohérence entre les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire ?

Quelles seront les conséquences sur le climat scolaire et la fatigue des adultes, des enfants ?

Comment mieux tenir compte du rythme de la famille et éviter l’absentéisme ?

Comment évaluer et éventuellement valoriser l’apport de la continuité des apprentissages sur 6 matinées consécutives ?

 

ATTENTION : LE DÉCRET N’EST PAS ENCORE PUBLIÉ, IL DOIT ENCORE PASSER EN COMITÉ TECHNIQUE MINISTÉRIEL.