La départementalisation du remplacement dans le 1er degré, présentée comme une modernisation, n'en est pas une pour les enseignant·e·s et les écoles d’Alsace. Déplacements imposés, missions dénaturées, suppression des viviers spécialisés … Voici ce qui change.
Départementalisation du remplacement pour la rentrée 2026 : mises en œuvre
La CFDT a participé à toutes les réunions de dialogue social, les groupes de travail concernant la volonté du ministère et de notre académie de mettre en place la départementalisation du remplacement.
Lors de la CAPD « Recours RDV de carrière » du lundi 9 février 2026, la CFDT a rappelé ses positions concernant cette départementalisation du remplacement et surtout les engagements du DASEN :
- conserver le rattachement administratif à une école ;
- maintenir l’échelle de la circonscription ;
- permettre aux collègues concernés une réaffectation sur le nouveau support OU une participation au mouvement avec obtention d’une bonification ;
- permettre le maintien des spécificités de chaque remplaçant via une fiche-synthèse ;
- informer les collègues par l’envoi d’un courrier.
Si nous, représentants des personnels, avons informé les agentes et agents du projet initial, des marges de négociations et des avancées obtenues, nous avons toujours rappelé que l’employeur communiquera car c’est bien là son devoir. Cependant, à une semaine des congés, il n’en est rien. L’inquiétude est grande et à ce stade, la colère prend le pas. Aucune information n’est parvenue dans les boites académiques des personnels.
Aucune information sur le sort qui leur est réservé, à quelques semaines des opérations de carte scolaire puis du mouvement. Mais peut-être que le département a opéré un nouveau choix : réaffecter tous ses agents automatiquement sur I-Prof, sans aucune communication, concertation, information préalable. Comment se fait-il que des ZIL soient d’ors et déjà réaffectés, suite à « mesure de carte scolaire », sur des postes de Zone de remplacement Départementale à compter de la rentrée prochaine, sur I-prof ?
Pour la CFDT, il y a urgence à communiquer auprès des collègues, il y a urgence à appliquer les règles, à respecter les engagements pris et à traiter les agents autrement que par le mépris.
Concernant la départementalisation, voici les réponses du DASEN :
- Le courrier individualisé et personnalisé est prêt. Il part demain, à savoir le mardi 10 février 2026, à tous les collègues remplaçants.
- Les collègues ont jusqu’à fin mars pour se positionner : soit « glisser » sur le nouveau support, soit participer aux opérations du mouvement, en avril, avec une bonification « mesure de carte scolaire ».
- Les collègues déjà « réaffectés » sur les nouveaux supports, sur I-Prof, ne le sont pas de manière effective. Ils peuvent, sans difficulté, choisir s’ils veulent glisser ou participer au mouvement. L’administration a dû créer les futurs nouveaux supports, avant les opérations de carte scolaire. Cependant, cela n’a aucun impact sur les personnels, même si ceux-ci peuvent légitimement avoir été inquiétés.
Nous invitons les collègues remplaçants, à nous contacter pour toute question. N’hésitez-pas, nous sommes à votre écoute et veillerons à vous accompagner dans votre démarche !
La départementalisation, voici la suite des opérations :
Chaque remplaçant se positionne d’ici fin mars 2026.
- 5 mars : Groupe de travail concernant le mouvement
Nous communiquerons prochainement sur les infos utiles.
- 31 mars : CSA68 actant les ouvertures de postes de Brigade départementale et les fermetures des supports de ZIL, brigades REP+, brigades stages et titulaires départementaux.
Nous serons vigilants quant au solde de cette opération. Il est hors de questions que l’employeur en « profite » pour supprimer des postes de remplacement. Bien au contraire, la CFDT portera la création de postes supplémentaires de remplaçants dans le département.
- Du 20 avril au 4 mai 2026 : période de saisie des vœux dans le cadre du mouvement
Les dates ne sont pour le moment qu’indicatives. Les remplaçants n’ayant pas glissé sur le nouveau support, devront participer au mouvement avec bonification « mesure de carte scolaire ».
- Juin 2026: résultats du mouvement
Courant juin, tous les agents affectés sur un poste de brigade départementale pour la rentrée 2026 seront destinataires d’une fiche info sur laquelle ils préciseront leurs contraintes, leurs préférences et leurs spécificités (REP+, ASH…).
La CFDT demandera régulièrement des points d’étapes à l’administration et un véritable bilan de ce nouveau dispositif départemental. N’hésitez pas à nous faire remonter toute difficulté !
La départementalisation des viviers de remplacement (fusion ZIL/Brigades)
Nos deux départements préparent une nouvelle organisation du remplacement imposée par le Ministère à partir de la rentrée 2026. Cette réforme s’inscrit dans les priorités nationales visant à améliorer la continuité pédagogique et à mieux répondre aux absences.
Cette réforme prévoit la disparition des différents types de remplaçants (ZIL et brigades) au profit d’une brigade unique départementale.
Objectif de la réforme pour le Ministère : permettre une amélioration de la qualité et de la répartition des remplacements
- Réduire les absences non remplacées ;
- Mobiliser tous les moyens disponibles pour assurer la continuité pédagogique ;
- Optimiser la gestion des remplacements. La gestion des remplaçants devrait finalement rester à l’initiative des secrétaires de circonscription.
Pour la rentrée 2026, voici les impacts majeurs :
- Fin des choix professionnels : les remplaçants voient leurs missions et leurs zones d’intervention bouleversées.
- Risques pour les écoles alsaciennes : décharges de direction des petites écoles, pondération REP+ et formations menacées.
- Absence de concertation : une réforme imposée par le ministère, sans prise en compte des réalités locales.

La carte actuelle des moyens de remplacement devrait être revue en intégrant :
- le nombre de classes et non le nombre de PE,
- les décharges de direction (moins de 4 classes),
- les spécificités des territoires,
- les besoins liés à l’éducation prioritaire renforcée (REP et REP+).
Une fusion des viviers qui nie les
Pour les Brigades stages
Ils avaient consciemment choisi un poste leur permettant d’assurer des remplacements courts, dans tout le département, avec une anticipation d’une semaine environ, et en acceptant de grands déplacements.
Conséquence directe : davantage de remplacements courts avec moins d’anticipation.
Pour les Brigades REP+
Ils avaient fait le choix d’exercer avec un public en REP+, dans un secteur géographique connu, avec des organisations d’équipes et une continuité pédagogique assurée et assumée.
Conséquence directe : plus de garantie de remplacements uniquement en Éducation Prioritaire et pour les enseignants en EP, encore moins de garantie de pouvoir bénéficier de leurs 18 demi-journées de pondération.
Pour les titulaires départementaux
Ils étaient nommés sur les décharges de direction de moins de 4 classes, avec une organisation connue à l’avance par les directrices et directeurs et par les brigadiers.
Conséquence directe : une absence de lisibilité sur les décharges de direction pourtant indispensables et statutaires.
Pour les ZIL
Ils ont choisi un poste précisément parce qu’ils restaient ancrés dans une circonscription, avec des trajets courts, des remplacements courts ou longs, des écoles connues.
Conséquence directe : la départementalisation les expose désormais à des déplacements potentiellement très longs ou très éloignés, sans aucune considération pour leurs contraintes personnelles et familiales.
Résultat : personne n’y gagne. Les missions sont dénaturées.
La fin des viviers spécialisés : quels risques pour les écoles alsaciennes ?
La DSDEN évoque une nouvelle nomenclature RH qui empêcherait de créer des viviers de remplacement spécifiques : décharges de direction des écoles de moins de 4 classes, brigades REP+, remplacements liés à des départs en formation …
Cela signifie concrètement que des missions essentielles risquent d’être sacrifiées.
Ces remplacements particuliers seront en danger car il n’y aura plus de postes spécifiquement fléchés à cette intention.
C’est tout un pan de fonctionnement des écoles qui vacille !
Un découpage en quatre zones infradépartementales : un leurre ?
Dans le Bas-Rhin, un découpage en quatre zones est proposé par la DSDEN, laissant croire à une gestion plus locale mais …
- Juridiquement, le département reste la zone de référence.
- Aucune garantie : un remplaçant peut être envoyé n’importe où dans son département, sans limite.
- Explosion possible des déplacements longs : des conditions de travail dégradées, sans compensation.
La segmentation en zones ne sert, au final, qu’à masquer un pilotage départemental centralisé, sans considération des conditions d’exercice.
Si les quatre zones infra-départementales sont bien créées, la CFDT demande à ce qu’elles correspondent aux quatre bassins du mouvement intra-départemental (Cf. la liste des vœux MOB 2025).
Dans le Haut-Rhin, à la demande de la CFDT et des autres organisations syndicales, les zones infra ne devraient pas être mises en place et l’échelon de la circonscription avec un pilotage départemental devrait primer.
Mais les groupes de travail ne sont pour l’instant pas terminés et rien n’est acté.
Si le pilotage est départemental, les remplaçants devraient garder un rattachement administratif dans une école ou une circonscription. La raison est plutôt simple : le rattachement administratif à la DSDEN entrainerait un coût démesuré en terme d’ISSR. La CFDT a porté le nécessaire lien avec la circonscription et l’intérêt du rattachement à une école pour avoir un « pied à terre » en cas de non remplacement afin de venir en appui des équipes sur place.
Si on peut craindre des remplacements dans tout le département, la nécessaire rationalisation des moyens, la logique budgétaire, il y a fort à parier tout de même que le département ne soit pas l’échelon privilégié, c’est en tout cas ce qu’a porté et portera encore la CFDT !
Une réforme imposée
Une première informatives mais bien consultatives, avec un réel dialogue social. Nous continuons à faire entendre les interrogations, les craintes des collègues ainsi que nos revendications sur la création de ce nouveau poste.
La CFDT exige que tous les agent·es soient informé·es de ce projet, des enjeux et des impacts sur leurs conditions de travail, qu’ils soient remplaçant·es, adjoint·es ou directeurs/directrices.
La CFDT demande un calendrier précis des opérations et des règles spécifiques pour le mouvement 2026. Les remplaçants voient leurs missions évoluer, leur poste changer et une carte scolaire ainsi remaniée. Si tou·tes les remplaçant·es voient leurs postes fermer au profit de l’ouverture d’une Brigade Départementale, ce ne seront pas moins de 300 collègues qui seront concerné·es par une mesure de carte scolaire dans chaque département !
La CFDT a porté la proposition que seuls les brigades et titulaires départementaux soient directement impactés pour le mouvement. Concernant les ZIL, un travail de dentelle doit être opéré : si l’agent estime que ses missions évoluent, il pourrait prétendre à une bonification « mesure de carte scolaire » et voir son poste fermer. Pour ceux qui souhaiteraient « glisser » sur le nouveau support, ce serait possible dans le cadre d’une réaffectation.
Nous avons également exigé que ce soit les secrétaires de circonscription qui continuent à gérer les remplacements, car ce sont elles et eux qui connaissent le mieux les réalités de leur secteur et sont à même de respecter les spécificités de chacun·e (EP, maternelle, élémentaire, remplacements courts ou longs, trajets…).
Nous demandons aussi que les remplaçants soient toujours rattachés à une école à proximité de leur domicile. De plus, ces écoles doivent constituer un maillage uniforme dans tout le département.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Alsace restera mobilisée pour que cette évolution ne se traduise pas par une nouvelle dégradation des conditions de travail des remplaçant·es et des enseignant·es .
