Formation continue : des besoins urgents

Le déploiement des CP à 12 en REP + a été assuré par redéploiement d'enseignants initialement affectés sur les dispositifs "Plus de maîtres que de classes" et sur des postes de remplaçants. Conséquences : un clivage entre les écoles, la formation continue sacrifiée, ce n'est pas acceptable !

 

formation continueChaque enseignant doit avoir droit à une formation continue de qualité, répondant aux besoins identifiés. Force est de constater qu’aujourd’hui c’est loin d’être le cas partout !

Le rapport annuel de la cour des comptes le dénonce d’ailleurs clairement : « Les enseignants français sont ainsi moins nombreux à participer à la formation continue que dans la moyenne des pays de l’OCDE ».

En effet, selon l’enquête internationale Talis sur l’enseignement (OCDE – juin 2014), les enseignants des pays membres de l’OCDE bénéficient en moyenne de huit jours de formation par an soit plus de deux fois plus que leurs homologues français.
OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques

 

Le Sgen-CFDT dénonce la régression induite par les décisions unilatérales de rentrée !

 

À moyens constants, dédoubler les CP ne peut qu’être préjudiciable soit à l’investissement des équipes dans une organisation innovante telle le dispositif « Plus de maîtres que de classes » et au remplacement des collègues…

Dans la présentation du projet de loi de finances (PLF), JM Huart, Directeur général de l’Enseignement scolaire – DGESCO, précise pourtant que « l’accompagnement et la formation continue des enseignants constituent un enjeu majeur pour faire évoluer les pratiques pédagogiques » et « l’objectif est que, chaque année, tout enseignant bénéficie d’au moins trois jours de formation continue adaptée aux besoins rencontrés dans sa classe.»

Là aussi, le rapport de la cour des comptes préconise de « renforcer le développement du travail collectif, en donnant un rôle central à l’équipe pédagogique ». Pourtant, ces formations seront définies non pas par les collègues mais par les inspecteurs de circonscription !

 

Viser l’école inclusive passe par l’équité au service de tous !

 

En effet, « donner plus à ceux qui ont moins » doit rester une priorité nationale. Le Sgen-CFDT reste très attaché à la politique d’éducation prioritaire qui doit permettre de travailler autrement au bénéfice de tous les élèves ! Il dénonce les moyens utilisés pour déployer les CP à 12 au détriment des dispositifs « plus de maitres que de classes » et des moyens de remplacement.

Mettre en place des CP à 12, puis des CE1 à 12, par décision unilatérale, ne peut se réaliser au détriment des collègues !

Le Sgen-CFDT dénonce  les moyens retirés au remplacement des collègues, notamment pour la formation continue alors que celle-ci peine à se développer. Les animations pédagogiques ont aujourd’hui dans de trop nombreux départements remplacé les stages de formation continue du Plan académique de formation – PAF.

Les exemples locaux sont nombreux :

  • en Bretagne, la formation continue est quasi inexistante depuis bien longtemps,
  • dans le Lot et Garonne, 16 remplaçants ont été affectés sur des postes à l’année et il n’y a pas de formation continue,
  • en Loire-Atlantique, l’Inspecteur d’Académie a récupéré 8 postes affectés au dispositif PDMQDC et pris 16 postes sur la brigade de remplacement départementale,
  • dans le Doubs, alors que plus de 10 stages ont été annulés l’an dernier faute de remplaçants, la décision d’implantation de nouveaux postes de brigade a été annulée pour dédoubler les CP,
  • dans l’Essonne,  150 contractuels ont déjà été recrutés pour assurer les compléments de temps partiels et les remplacements.

Le Sgen-CFDT souligne donc la recommandation de la cour des comptes : « intégrer le remplacement et la formation continue dans les obligations de service des enseignants », une recommandation qui doit se traduire par un nombre de postes de remplaçants suffisant.