Suivi PFMP lycée professionnel : qui fait quoi, combien d’heures ?

les PFMP sont un temps de formation, mais aussi un temps de service pour les enseignants. Leur organisation doit donc être anticipée, répartie collectivement et calculée en tenant compte des règles statutaires applicables aux PLP.

Suivi PFMP en lycée professionnel : qui fait quoi, combien d’heures ?

Le suivi PFMP en lycée professionnel soulève chaque année les mêmes questions chez les enseignant·e·s : concrètement, qui fait quoi ? Combien d’élèves un·e enseignant·e doit-il ou elle suivre ? Comment sont comptabilisées les heures de suivi ? Et que se passe-t-il lorsque ce suivi conduit à dépasser le service hebdomadaire ? Cet article fait le point, textes réglementaires à l’appui.

Qui est responsable de quoi ?

Le chef ou la cheffe d’établissement

Le chef ou la cheffe d’établissement est responsable de l’organisation générale des PFMP : recherche et conventionnement des lieux d’accueil, désignation des enseignant·e·s référent·e·s, organisation du suivi, etc. Dans la pratique, cette responsabilité s’exerce le plus souvent en s’appuyant sur des personnels mandatés pour cela (DDFPT, bureau des entreprises, secrétariat de direction) qui assurent concrètement la mise en œuvre au quotidien.

Le conseil d’administration détermine les modalités du suivi pédagogique assuré par les enseignant·e·s référent·e·s, à partir notamment des propositions des équipes pédagogiques.

L’organisation des PFMP relève donc de la responsabilité de l’établissement, sous l’autorité du chef ou de la cheffe d’établissement, qui peut s’appuyer sur les personnels compétents pour la mettre en œuvre.

L’équipe pédagogique

La PFMP est l’affaire de l’ensemble de l’équipe pédagogique.

Les enseignant·e·s élaborent collectivement le projet pédagogique qui donne sa place aux PFMP et participent au suivi des élèves. Le suivi suppose notamment des échanges avec l’organisme d’accueil et la préparation de l’évaluation de l’élève.

Pour les PLP, le décret statutaire est particulièrement clair : pendant les périodes en entreprise des élèves d’une division, chaque professeur·e de lycée professionnel enseignant·e dans cette division participe à leur encadrement pédagogique.

Autrement dit, le suivi des PFMP n’est pas la mission exclusive d’un seul professeur ou d’une seule professeure principale.

L’enseignant·e référent·e

Un ou plusieurs enseignant·e·s référent·e·s sont désigné·e·s pour assurer le suivi pédagogique des élèves.

L’enseignant·e référent·e assure notamment le lien avec le tuteur et l’organisme d’accueil, veille au déroulement de la PFMP et participe à son évaluation.

Attention à une limite réglementaire importante : un·e enseignant·e référent·e ne peut pas être chargé·e du suivi de plus de 16 élèves simultanément pour une même période de formation en milieu professionnel.

Les 16 élèves constituent donc un plafond, et non un nombre obligatoire d’élèves à attribuer à chaque enseignant·e.

Le tuteur en entreprise

Le tuteur est le référent professionnel de l’élève dans l’organisme d’accueil. Il l’accompagne dans les activités prévues par la convention et contribue à l’acquisition des compétences professionnelles.

Il travaille en lien avec l’enseignant·e référent·e.

Le bureau des entreprises

Dans les lycées professionnels, le bureau des entreprises constitue un appui dans les relations avec les entreprises.

Il peut notamment accompagner les élèves dans leur recherche de lieu d’accueil, contribuer à l’organisation du suivi, faciliter les relations avec les tuteurs et participer au suivi administratif des allocations de PFMP.

Il ne se substitue donc pas à l’équipe pédagogique pour le suivi pédagogique des élèves.

Combien d’élèves un·e enseignant·e doit-il ou elle suivre ?

C’est une question fréquente : le texte ne prévoit pas que chaque enseignant·e doive suivre un nombre identique d’élèves.

Pour les professeur·e·s de lycée professionnel, la charge d’encadrement est répartie entre les enseignant·e·s de la division en tenant notamment compte du nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement qu’ils ou elles dispensent dans cette division.

On peut donc utiliser, pour organiser cette répartition, la formule suivante :

Nombre d’élèves à suivre = effectif de la division × heures d’enseignement du professeur·e dans la division ÷ horaire hebdomadaire de la division

Exemple

Une classe compte 24 élèves et l’horaire hebdomadaire de la division est de 30 heures. Un·e professeur·e assure 6 heures dans cette classe.

Le calcul donne : 24 × 6 ÷ 30 = 4,8, soit environ 5 élèves à suivre.

Cette formule permet d’obtenir une répartition proportionnelle à la présence de chaque enseignant·e dans la division. Elle constitue un outil de répartition et doit être intégrée à l’organisation collective arrêtée par l’établissement.

Suivi PFMP : la règle des 2 heures par élève et par semaine

C’est probablement le point le plus important pour les enseignant·e·s dans le calcul de leur service lié au suivi PFMP.

Le décret prévoit que l’encadrement pédagogique d’un élève est comptabilisé dans le service du professeur·e pour deux heures par semaine, dans la limite de trois semaines par séquence de stage.

Le calcul est donc :

Nombre d’élèves suivis × 2 heures × nombre de semaines comptabilisables (limite de 3 semaines par séquence de stage)

Exemple

Un·e enseignant·e suit 5 élèves pendant une PFMP de 3 semaines : 5 × 2 × 3 = 30 heures, comptabilisées dans son service au titre de l’encadrement pédagogique.

Si la séquence de stage dure 5 semaines, on ne multiplie pas par 5 : la limite réglementaire de trois semaines est bien à prendre en compte pour le calcul des heures comptabilisées dans le service, même si le suivi pédagogique de l’élève, lui, se poursuit concrètement sur l’ensemble de la période de stage. Lorsque ce décompte conduit un·e professeur·e à dépasser ses obligations hebdomadaires de service, les heures excédentaires doivent être payées en heures supplémentaires effectives (HSE), ce n’est pas une option laissée à l’appréciation de l’établissement, mais une obligation réglementaire.

Un point de vigilance que la CFDT tient à souligner : dans les faits, la répartition du suivi entre enseignant·e·s d’enseignement général et enseignant·e·s d’enseignement professionnel varie selon les établissements, notamment en fonction de la question de savoir si les PFMP donnent lieu à des CCF (contrôles en cours de formation). Or, cette répartition n’est précisée par aucun texte officiel : elle relève entièrement de l’organisation propre à chaque établissement. Ce flou réglementaire peut créer un sentiment d’inégalité de traitement entre collègues d’une même équipe pédagogique, certain·e·s ayant l’impression d’être lésé·e·s par rapport à d’autres. La CFDT regrette cette absence de cadrage national et invite les équipes à porter le sujet en conseil pédagogique ou en instance, afin d’obtenir une répartition transparente et équitable, discutée collectivement plutôt qu’imposée.

Convention de PFMP : qui signe et à quoi sert-elle ?

La convention est obligatoire avant toute PFMP. Elle formalise les engagements de l’établissement, de l’organisme d’accueil et de l’élève.

Elle est signée par le chef ou la cheffe d’établissement, le responsable de l’organisme d’accueil, l’enseignant·e référent·e, le tuteur et l’élève majeur ou son représentant légal s’il est mineur.

Elle précise notamment :

  • les dates, la durée et les horaires de la PFMP ;
  • les conditions d’accueil, d’encadrement et de sécurité ;
  • les activités confiées à l’élève et les compétences à développer ;
  • les modalités de suivi et d’évaluation.

Pour l’enseignant·e, la convention est donc surtout un outil pédagogique : elle permet de vérifier que les activités proposées par l’entreprise correspondent aux objectifs de la formation et sert de référence pour le suivi de l’élève.

À retenir : la convention ne sert pas seulement à « couvrir » le stage ; elle fixe le cadre de la PFMP et ce que l’élève doit y apprendre.

L’allocation PFMP : un dispositif distinct du suivi enseignant

Depuis la rentrée 2023, les PFMP des lycéen·ne·s professionnel·le·s sont valorisées par une allocation financée par l’État. Le montant dépend notamment du nombre de jours effectivement réalisés et attestés.

Mais allocation de l’élève et service de l’enseignant·e sont deux dispositifs différents : le versement de l’allocation ne modifie pas les règles de calcul du service des enseignant·e·s et des heures de suivi présentées ci-dessus.

La procédure de versement repose sur quatre acteurs : le lycéen ou la lycéenne, le chef ou la cheffe d’établissement (qui a le rôle d’ordonnateur), l’entreprise d’accueil, et l’Agence de services et de paiement (ASP) qui verse effectivement les fonds. Concrètement :

  • le chef ou la cheffe d’établissement collecte les pièces justificatives (RIB, conventions et attestations de stage) et saisit les données dans l’application ApLyPro ;
  • l’ASP traite ensuite le versement à partir de ces informations.

Ce n’est pas une mission des enseignant·e·s. Le suivi administratif et la saisie dans ApLyPro relèvent de la responsabilité du chef ou de la cheffe d’établissement (ou du service qu’il ou elle mandate : bureau des entreprises, secrétariat de direction, DDFPT…), pas des équipes pédagogiques. Si vous êtes sollicité·e pour effectuer ces démarches, c’est un point à faire remonter en instance : ce n’est pas dans vos attributions.

Pour les questions relatives aux conditions d’éligibilité, aux montants, aux justificatifs, à la saisie dans ApLyPro et au circuit de paiement, le ministère met à disposition une documentation régulièrement actualisée sur Éduscol.

👉 Consulter la page Éduscol consacrée à l’allocation de stage au lycée professionnel

À retenir sur le suivi PFMP en lycée professionnel

illusrtation article PFMP

  1. Tous les PLP qui enseignent dans une division participent à l’encadrement pédagogique des élèves pendant les PFMP.
  2. La répartition des élèves à suivre doit notamment tenir compte du nombre d’heures d’enseignement de chaque professeur·e dans la division.
  3. Un·e enseignant·e référent·e ne peut pas suivre plus de 16 élèves simultanément pour une même PFMP.
  4. Pour un PLP, un élève suivi représente 2 heures de service par semaine, dans la limite de 3 semaines par séquence de stage.
  5. Si le décompte du suivi conduit à dépasser les obligations hebdomadaires de service, les heures correspondantes donnent lieu au paiement d’HSE.
  6. Si le suivi ne permet pas de remplir le service hebdomadaire, celui-ci doit être complété dans les conditions prévues par le statut.
  7. La convention encadre juridiquement et pédagogiquement la PFMP.
  8. L’allocation versée à l’élève est un dispositif distinct du décompte du service des enseignant·e·s.

Textes de référence

📚 À lire aussi :

👉 Parcours en Y bac pro 2026 : ce qui change

👉 Parcours en Y, une fin annoncée pour la rentrée 2026 ?

👉 Les grilles horaires