Personnes vulnérables : quelles perspectives de rentrée ?

Les personnels fragiles dont l'exposition au covid pourrait être fatale ont attendu les dispositions les concernant. Les voici. Sont-elles suffisantes ? Et les dispositions en cas de remplacement sont-elles anticipées ?

coronavirusArticle actualisé dimanche 30 août après publication du décret sur les personnes dites vulnérables (mais qui concerne la mise en activité partielle des salarié.es vulnérables de droit privé, donc pas officiellement la fonction publique…).

Quelle rentrée pour les personnes vulnérables au Covid-19 ?

Après avoir vainement cherché la conduite à tenir partout en écumant les médias dans un jeu de pistes incroyable, voici notre constat… Nous sommes sollicités par des collègues (AESH, enseignant·es) qui ont des pathologies qui les classaient avant l’été comme public fragile.
Les vacances se terminent et le contact avec le virus du covid-19 représente toujours un risque majeur pour ces personnels.
En outre, nos chef·fes d’établissement adhérent·e·s se tournent vers nous pour connaître la marche à suivre.
La procédure avec certificat médical préconisant le télétravail s’applique-t-elle toujours ? Faut-il un arrêt de travail ? Le rectorat a-t-il prévu des masques de type 2 ? Qui doit les commander ? Y a-t-il des remplacements prévus si la procédure est le télétravail ?
A la veille de la reprise, nous avons un besoin urgent d’éclaircissements.

DES MASQUES DE TYPE 2 pour les personnes vulnérables… mais de quelle qualité ??!

Précisons que les masques de type 2 sont plus filtrants que les masques « grand public » distribués lors de la reprise de mai. Mais ils sont moins filtrants que les masques FFP2.
Le Sgen-CFDT attend de savoir quels sont les masques réellement fournis aux personnels vulnérables… Si vous avez un doute, contactez-nous !

Que dit le décret du 30/08/2020 pour les personnes vulnérables ?

Toutes les dispositions précédentes concernant les personnes dont l’entourage est fragile n’existent plus.
Jusqu’à présent donc, a priori, exit le télétravail et les autorisations d’absence.
Dans l’après-midi du dimanche 30 août, nous apprenons la publication du décret concernant les personnes dites vulnérables. Ce décret redéfinit la liste des personnes concernées en la limitant très fortement… sans préciser clairement si les agents de la Fonction Publique sont concernés par ce décret !
Extrait du décret du 30/08/2020 :
« Sont regardés comme vulnérables au sens du I de l’article 20 de la loi du 25 avril 2020 susvisée les patients répondant à l’un des critères suivants et pour lesquels un médecin estime qu’ils présentent un risque de développer une forme grave d’infection au virus SARS-CoV-2 les plaçant dans l’impossibilité de continuer à travailler :
1° Etre atteint de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
2° Etre atteint d’une immunodépression congénitale ou acquise :
– médicamenteuse : chimiothérapie anticancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ;
– infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 < 200/mm3 ;
– consécutive à une greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ;
– liée à une hémopathie maligne en cours de traitement ;
3° Etre âgé de 65 ans ou plus et avoir un diabète associé à une obésité ou des complications micro ou macrovasculaires ;
4° Etre dialysé ou présenter une insuffisance rénale chronique sévère. »
Et c’est tout….

RISQUES SANITAIRES ET RISQUES PSYCHO-SOCIAUX : DU CAS PAR CAS NÉCESSAIRE…

Il ne nous appartient pas de dire ce qui médicalement convient à telle ou telle pathologie.
Au Sgen-CFDT, nous déplorons qu’il faille tant de temps pour obtenir ces précisions, sachant que pour les personnes fragiles la situation n’a pas changé depuis juillet. Pourquoi le recensement n’a-t-il pas été fait avant la fin des classes ?
Nous demandons aussi ce qui se passe si les personnes concernées jugent cette protection insuffisante. Pour l’instant, leur seul recours est de se mettre en arrêt maladie. Un gâchis quand ces personnes pourraient être utiles à distance.
De même, pour les élèves fragiles, plus aucune disposition pour prévoir un enseignement à distance. Les familles sont donc renvoyées soit à une prise de risque – qu’elles ont le droit de juger inconsidéré – soit un absentéisme coupable, soit à…. l’école à la maison !
L’Éducation nationale peut-elle envoyer des personnels pétris d’angoisse, sur les nerfs, au contact des élèves ? Ne convient-il pas aussi de prendre en compte les risques psychologiques générés ?
Le ministère craint-il vraiment les « appels d’air » des ASA – alors que la liste des pathologies est limitée et précise ? N’y a-t-il pas là plutôt un effet médiatique pour montrer que tout le monde est sur le pont ?

…ET UNE NÉCESSAIRE ANTICIPATION : RISQUES SUR LE FRONT DU REMPLACEMENT !

Dans l’immédiat, certain·e·s vont forcément recourir aux arrêts de travail en l’absence de dispositions. Les établissements vont l’apprendre tardivement puisque les personnels n’ont pu agir avant. La question de leur remplacement se pose donc en dernière minute.
Autoriser le télétravail, des binômes entre le personnel fragile et un collègue qui intervient en présentiel par exemple, pour qu’il y ait présence face aux élèves, impliquerait aussi une anticipation. La généralisation d’un dispositif « plus de maîtres que de classe » dans le 1er degré pourrait éviter ce type d’écueil tout en permettant de faire des groupes pour répondre aux besoins d’individualisation pédagogique post-covid. On pourrait de même abonder la marge horaire dans le 2nd degré.

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